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>> Accueil >> Publications >> La Lettre du Pharmacologue >> N° 1 - Mars 2012

La Lettre du Pharmacologue

Mars 2012
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AVANT-PROPOS

Le bonheur est dans la presse !

Crise économique, révolution numérique, contrefaçon du métier de la presse, dérapages des médias grand public sur les sujets de santé, image ternie du monde médical, monopole de l’indexation des revues en langue anglaise... La presse des professionnels de santé n’a pas manqué d’être malmenée ces dernières années au point d’être sérieusement mise à mal, voire d’être menacée... Et paradoxalement, en 2011, comme les années passées*, tous les lecteurs ont souligné d’une voix unanime la valeur de l’écrit scientifique en langue française et sa place dans leur formation continue (84 % des praticiens interrogés reconnaissaient dans la presse médicale un élément essentiel dans leur formation, devant la participation à un congrès [73 %], la lecture de manuels [72 %], l’Internet [66 %] et les séances d’enseignements postuniversitaires [EPU] organisées par les associations professionnelles [51 %]).
C. Damour-Terrasson

TRIBUNE

Développement professionnel continu : un nouveau départ ?

La formation continue des médecins libéraux figure parmi les sujets qui, au fil du temps, ont le plus inspiré les ministres de la Santé successifs, l’un défaisant ce que l’autre avait mis en place avant lui. Le pire, c’est qu’à chaque fois la gestation des nouveaux dispositifs de formation est tellement longue qu’ils n’ont pas le temps d’être appliqués, ou si peu, avant d’être balayés. Dernier exemple en date, il aura fallu attendre 12 ans les décrets d’application de la dernière réforme de 1994, instaurant la formation médicale continue (FMC) et l’évaluation des pratiques professionnelles (EPP), qui sont dès à présent balayés par la loi Bachelot et son développement professionnel continu (DPC). Ce nouveau dispositif fera-t-il exception à la règle ?
M. Chassang

EDITORIAL

Les troubles psychiatriques nuisent à la santé

En une dizaine d’années, la santé des personnes souffrant de troubles psychiatrique est devenue une préoccupation majeure. En effet, les patients, de même que leurs familles et les soignants, ont été alertés par leurs prises de poids parfois spectaculaires en l’espace de quelques mois, et par l’apparition d’un diabète de type 2 avant qu’ils n’atteignent l’âge de 40 ans. Partout dans le monde, des études ont été menées pour mesurer l’ampleur de ce phénomène. Elles ont toutes révélé que les personnes souffrant de troubles psychiatriques graves (y compris le trouble bipolaire) étaient 2 fois plus susceptibles de présenter un syndrome métabolique que la population générale, la prévalence allant de 35 à 55 % de ces patients selon les régions
P. Thomas

DOSSIER THÉMATIQUE

Risques vasculaires et métaboliques dans la schizophrénie

La schizophrénie est fortement corrélée à un risque cardiovasculaire et métabolique accru, à l’origine d’une surmortalité − avec les morts violentes − par rapport à la population générale. Les causes de cet accroissement du risque sont multiples et ne peuvent se résumer, comme parfois évoqué, au seul effet des médicaments antipsychotiques. On dénombre ainsi des facteurs liés à la maladie elle-même (insulinorésistance, importance de la symptomatologie négative, etc.), au mode de vie (sédentarité, tabagisme, régime alimentaire et consommation de substances psychoactives), mais aussi à des caractéristiques d’organisation sociale (liées notamment à un accès aux soins plus difficile). Le risque vasculaire et métabolique élevé associé à la schizophrénie s’avère être un réel problème de santé publique, pour lequel des programmes de prise en charge spécifiques doivent être mis en place.
T. Charpeaud, L. Samalin, P.M. Llorca

Antipsychotiques et effets métaboliques : données cliniques et pharmacoépidémiologiques

» Les effets métaboliques des traitements antipsychotiques de seconde génération (AP2G) sont maintenant reconnus. Ils peuvent mettre en jeu le pronostic vital des patients et survenir même après une courte période d’exposition.
» De ce point de vue, il existe des différences entre les divers AP2G et des variations individuelles marquées. Par exemple, l’olanzapine paraît associée à un risque plus élevé d’augmentation de l’ensemble des paramètres du syndrome métabolique. De même, la clozapine, l’olanzapine, le sertindole et la zotépine entraînent des prises de poids plus importantes que les autres AP2G.
» La survenue de tels effets indésirables nécessitant une adaptation rapide du traitement, une surveillance très régulière des paramètres métaboliques est recommandée, mais elle est très rarement pratiquée.
M. Tournier, B. Bégaud, H. Verdoux

Effets métaboliques des antipsychotiques : des modèles précliniques à la découverte des mécanismes moléculaires

Les médicaments antipsychotiques (AP), et particulièrement les antipsychotiques dits atypiques (APA), provoquent des troubles du métabolisme glucidolipidique. Ils induisent une hyperphagie qui participe à la prise de poids et aux troubles métaboliques. Des modèles de rongeurs ont permis de reproduire partiellement les désordres métaboliques observés en clinique et d’étudier les anomalies des boucles de régulation métabolique. Les études réalisées ex vivo et in vitro ont montré que les AP, et surtout les APA, perturbaient le métabolisme glucidolipidique en agissant directement sur le foie, le tissu adipeux, les muscles, et les îlots ß du pancréas, en modifiant l’expression de gènes qui contrôlent le métabolisme glucidolipidique. Cet article rapporte les principaux résultats des études portant sur les effets des AP sur le métabolisme glucidolipidique chez les rongeurs et in vitro.
P. Duriez, F. Auger, F. Martin, R. Bordet, E. Lauressergues

MÉTHODOLOGIE

Nouvelle approche pharmacoépidémiologique dans le champ de l’addictovigilance

» Les CEIP-Addictovigilance développent divers outils épidémiologiques afin de répondre à leur mission d’évaluation et de recherche sur la pharmacodépendance.
» Les données disponibles à l’heure actuelle, portant sur des populations spécifiques, ne permettent pas d’évaluer les modalités d’usage des médicaments psychotropes dans la population générale ni de déterminer les caractéristiques des consommateurs, notamment les sujets présentant une surconsommation.
» Le développement de nouvelles méthodes pharmacoépidémiologiques à partir des bases de données de l’Assurance maladie est préconisé.
» L’analyse en classes latentes permet de répondre à ces objectifs, en caractérisant des profils de consommateurs et en quantifiant les consommations problématiques de médicaments psychotropes dans la population générale.
L. Wainstein, C. Victorri-Vigneau, P. Jolliet

GASTRONOMIE

Les essais en ouvert d’Alex Corton

Dans certains milieux spécialisés, on surnomme les sénateurs “les pères conscrits”. L’appellation remonte au Sénat romain, traduction de “patres conscriptis”, à l’époque où l’inscription officielle de chaque sénateur commençait à être consignée dans un registre spécial. Conscrit, d’après son origine latine, signifie “inscrit”. Du temps où un service militaire existait en France, les conscrits étaient des jeunes gens nés la même année (la “classe”) et inscrits sur la liste des appelés sous les drapeaux. L’appel aux armes ne s’adresse plus qu’à des professionnels. Mais l’habitude du banquet des conscrits demeure. Il ne faut jamais laisser perdre une occasion de passer à table.
A. Corton



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